Samedi 23 Mai 2015 / Nazéroued se la joue équitable

Nazéroued fête la première année de sa bouquinerie !

Le jeudi 30 avril (veille du 1er mai), Nazéroued fête la première année de sa bouquinerie ! On se délocalise chez l’ami Jean, à l’Antre de Monde, rue Estelle, dans les escaliers du cours Julien… Y’aura des paniers garnis, des jeux d’eau, des dressages de chiens et une marelle géante… Non, on déconne ! Probablement une lecture de nouvelle, quelques chansons, beaucoup de musique, des gens biens et drôles et de la danse enivrée… Venez donc, c’est à partir de 20h !

L’heure noire

L’heure noire est un texte anonyme. Son auteur a très probablement été exécuté dans les toutes premières heures d’un petit matin de l’an 2000.

Note de l’éditeur

Ce cahier m’a été donné par ma voisine, madame Maria G., qui exerce un bien drôle de métier. Maria est femme de ménage.

Il n’y a bien évidemment rien de curieux à cela, sinon que Maria dispense ses ménages dans la prison de P****. C’est elle qui nettoie les cellules lorsque les hommes qui les ont occupées ont finalement disparu. Elle nettoie les cellules, après le petit matin, quand le soleil brille mieux et que des hommes se sont éteints depuis quelques minutes.

Maria a trouvé ce cahier sous la couchette d’un condamné à mort. Elle l’a gardé sur elle. Mais avant de partir, elle a interrogé le gardien :

– Comment s’appelait l’homme qui a vécu ses dernières heures dans cette cellule ?

– Je ne sais plus, a répondu le gardien. Maurice-quelque-chose-en-ic ! Un nom breton, je crois. Maria m’a amené ce cahier parce que mon nom finit par « ic ». Elle a pensé à moi et s’est dit que ce cahier m’intéresserait sûrement.

Elle ne s’est pas trompée. Ce cahier m’intéresse. Ce cahier m’a touché. Je ne sais pas. Mais je crois qu’à l’heure actuelle (moi qui suis en bonne heure, en heure plus colorée), le moment est venue de transmettre à mon tour les pages de ce cahier.

Et je crois également, et ce depuis longtemps, que trouver une pensée (et parfois même deux) peut quelquefois servir à éclairer un peu le noir de nos idées.

Et je crois pour finir qu’une telle pensée mérite une lecture. Voilà ce que je crois: les idées se partagent (on peut en discuter).

J’ai intitulé le texte qui est dans ce cahier comme si j’intitulais mes propres souvenirs, mes souvenirs noirs, tous les tristes souvenirs de ma sombre mémoire, j’ai tiré ça L’Heure noire.

J’ai bien sûr lu le texte avant de le titrer et le titre est bien sûr celui de ma lecture.

Voici donc le cahier de Maurice-quelque-chose-en-ic, voici donc la parole d’un homme que je n’ai jamais rencontré mais qui a tout de même bien voulu me parler (et ce par un miracle que je n’explique toujours pas)…

 

L’heure noire / cahier du temps repris. Il a ete tiré de cet ouvrage 36 exemplaires sur velin de veau numérotés de 36 a 1 et quelques exemplaires ors commerce. Bonne copi(n)e de chez Nazéroued 2000 idem Nazéroued, 2014 pour la présente édition. Achevé d’imprimer en octobre 2014 par Horizon imprimerie (Gémenos) pour le compte de Nazéroued. Dépôt légal: octobre 2014 N° d’impression: 1409-070 Imprimé en France. Numéro d’ISBN: 978-2-9546123-1-7

9.00 €

Triste réalité de Robière

 

Triste réalité de Robière

C’est l’histoire d’un punk.

Robière, la quarantaine carillonnée, est parvenu à la force du poignet à coucher sur le papier sa « Triste réalité ».

Enfance pour le moins perturbée, adolescence tumultueuse, découverte et engagement dans le mouvement punk, picole, défonce et baise, le train, l’auto-stop et la route pour aller aux concerts, les flics, la baston et la prison, bref, la vie d’un marginal (doux euphémisme)…

Et au bout, malgré tout, une forme de sérénité… et l’amour.

Un vrai miracle punk !

Pour l’anecdote, Robière a réécrit son livre 4 fois (ordi qui plante, disque dur en feu, inondation, cambriolage, etc, etc…).

Quatre fois le même livre, on en connaît de moins opiniâtres.

Comme diraient les Tontons : « C’est du brutal ! ».

 

Extraits :

« C’est qu’une question de jours quand tu sais que ton chien va y passer, tu te prépares à sa mort. Le lendemain matin, on a frappé à la porte et c’était un pote, Fab, ki venait me faire un coucou. Je trouvais bizarre que Lally n’ait même pas aboyé, donc je me suis approché d’elle, et c’est là que j’ai touché son corps froid et elle ne respirait plus, allongée sur la bâche. Je me suis trouvé mal, et mon pote Seb ki passait par là, s’est trouvé con lui aussi. Je ne savais plus quoi faire alors j’ai appelé Willy et Philippe, ils sont venus à ma rescousse. On l’a recouverte avec la bâche et on l’a transportée dans la camionnette de Willy. On l’a emmenée dans une forêt où on a trouvé un petit coin sympa, on a creusé un trou puis on l’a enterrée. Elle n’a pas trop souffert, c’est ce ki importe, quelque jours plus tard Alex a suivi à son tour, même maladie au niveau des reins, et les mêmes personnes m’ont aidé pour l’enterrer à côté de Lally. Ils ont toute ma reconnaissance. »

« Les voyages, ça a duré quelques années. Mais quand les amendes s’accumulent… Aujourd’hui je dois rembourser au Trésor public 18 000 euros. J’ai essayé de négocier avec eux mais ils ne veulent rien savoir. Alors ils ont bloqué mon compte. Ils ne peuvent pas toucher à mon RMI. La Poste me retient vingt euros de frais de dossier pour interdit bancaire, mais je m’en fous car je ne veux pas payer ce que je leur dois.

La SNCF, c’est des voleurs en cravate, d’ailleurs je suis passé au tribunal pour avoir craché sur la gueule d’un contrôleur. Il ne m’avait pas respecté et m’avait parlé comme à un moins que rien. Ça m’a mis hors de moi. Au tribunal, un médecin s’est présenté avant moi, qui avait abusé d’une de ses patientes, puis ça a été mon tour. Après le délibéré, je me suis présenté à la barre et le juge s’est prononcé en me donnant un mois de travail d’intérêt général et 300 euros d’amende. J’ai dit au bourreau des cœurs en robe (le juge) que si j’avais su, j’aurais peloté le contrôleur. La salle était morte de rire ce ki a mis le juge hors de lui. Il m’a jeté de la salle d’audience en hurlant : « Sortez d’ici ! ». Il est devenu tout rouge, j’ai cru kil allait faire un infarctus. La SNCf m’avait déjà pris 5000 francs à l’époque où c’était les francs, que j’avais mis de côté sur un compte. J’avais vu aux infos que des contrôleurs avaient mis des handicapés en chaise roulante dans un wagon pour les vélos car il n’y avait pas de place. C’est une honte quand on sait que le président de la SNCF a détourné des millions… »

Robière est né en 1973 à Lillebonne (Seine-Maritime). Après il a zoné.

Il a été tiré de cet ouvrage 7 exemplaires numérotés de 1 à 7 sur papier cigarette immédiatement partis en fumée.

Achevé d’imprimer en janvier 2017 sur les presses du Groupe Horizon, Parc d’activités de la plaine de Jouques 200, avenue de Coulin F-13420 Gémenos. Dépôt légal: janvier 2017 N° d’impression: 1701-045 Imprimé en France. Numéro d’ISBN: 978-2-9546123-2-4

10.00 €